Le premier de mes écrits que je publie ici parle d'un mythe que j'ai crée pour le monde de l'un de mes débuts de romans. Il était une fois, durant un âge que même les elfes ne connurent pas, un pays qui n'avait pas encore de nom. C'était un pays gigantesque sans limite autre que la mer. Il y régnait un perpétuel printemps, qui alors ne se nommait pas printemps. Dans ce grand territoire, il n'y avait que des animaux qui foulaient le sol jeune, les humanoïdes n'étaient pas encore apparus.
Et là, soudain, des femmes apparurent du néant. Elles étaient grandes et sveltes. Elles étaient quatre, différentes et pourtant semblables. Elles étaient belles, leurs visages étaient radieux et elles étaient vêtues de longues robes légères.
La première de ces femmes avait de très longs cheveux roux aux nuances automnales qui tombaient juste aux dessus des chevilles. Sa peau avait une jolie couleur de cuivre, sans aucun défaut. Des feuilles, des raisins et une broche en bois étaient attachés dans ses cheveux. Elle avait des yeux bruns, un brun lumineux aux reflets orangés. Son nom était Salva.
A côté d'elle, lui tenant la main, se trouvait Firdawns. Cette femme avait une peau extrêmement pâle qui semblait glacée. Ses cheveux étaient blancs perlés de bleu et de violet. Ses yeux étaient bleu très clair, un peu froid. Ses cheveux étaient longs mais n'arrivaient qu'au bas du dos. Il y avait des bracelets en argent à ses poignets et ses chevilles qui tintaient avec un son de glace.
Une autre femme, qui semblait plus petite et plus jeune que les autres, avait une robe verte et une peau douce. Ses cheveux étaient assez courts, ils tombaient dans son cou. Ils avaient une couleur brune rappelant celle du chocolat au lait. Ses yeux étaient d'un vert profond avec un arc plus clair sur l'extérieur. Un petit grelot bruissait dans ses cheveux, sur le côté de sa tête. Elle s'appelait Délopia.
La quatrième femme était blonde. Ses cheveux avaient la couleur de la paille mais étaient doux et soyeux. Ils étaient très longs mais étaient attachés en une longue tresse qui pendait sur l'épaule jusqu'à la taille. Sa peau était dorée, c'était peut-être la femme la plus dénudée des quatre. Ses yeux étaient d'or eux aussi, avec un cercle couleur de plomb. Elle avait dans les cheveux des brins de paille et des bijoux en or fin. Elle se nommait Evadné.
Elles se retrouvèrent dans un monde physique où elle ne connaissait rien. Elles ne savaient même pas parler et se regardèrent longuement sans comprendre comment bouger leur corps. Puis, l'une des femmes, Salva, réussit à bouger le bras et à toucher la joue de Firdawns. Elle sourit et marcha. Ses trois s½urs l'imitèrent et elles se mirent toutes à danser. Elles ne pouvaient pas parler mais n'en avaient pas besoin, elles communiquaient par la pensée. Mais, elles comprirent vite comment émettre des sons et chantèrent dans la toute première langue jamais prononcée. Ce furent les premiers mots de la langue de Néther.
Les femmes s'arrêtèrent de chanter et de danser voyant que des animaux étaient venus. Les animaux n'avaient pas encore été nommés et chacune des femmes donna un nom à un animal. Salva nomma un renard Tregan, Firdawns donna à un loup le nom de Sha, Délopia appela une licorne Unisse et Evadné trouva à une biche l'appellation de Chidin. Ainsi, les noms de ces animaux seraient plus tard les noms des saisons en langue de Néther.
Les animaux restèrent avec les femmes pour toujours car ces femmes ne moururent jamais. Pendant de nombreuses années, Salva, Firdawns, Délopia et Evadné demeurèrent dans la petite clairière où elles étaient apparues. Et, plus le temps passait, plus elles remarquèrent des changements. Les feuilles des arbres jaunissaient et tombaient à certains moments. Il faisait aussi de plus en plus froid quand cela se produisait. Mais, la chaleur revenait et les feuilles repoussaient. Bientôt, elles purent voir qu'il y avait quatre phases et que ces phases formaient un cycle plus grand. L'une des phases était orange, les feuilles tombaient et il faisait de plus en plus froid. La suivante était blanche et une matière froide et blanche couvrait le sol, il faisait aussi très froid. La troisième phase voyait les feuilles revenir et tout était vert. Il faisait de plus en plus chaud. Enfin, le soleil était éclatant, il faisait très chaud et les arbres avaient d'épaisses feuilles.
Les femmes appelèrent ses phases du nom de leurs animaux. Ainsi, en fonction de leurs couleurs et leurs affinités, chaque femme choisit une phase et la nomma.
La vie des femmes dura encore longtemps ainsi. Elles ne mangeaient pas et n'en avaient pas besoin, elles buvaient parfois pour se rafraichir. Les animaux, à leur contacte, n'avait plus besoin de se nourrir non plus.
Mais, un jour, Evadné décida d'aller voir en dehors de la clairière. Elle quitta ses s½urs et leur promit de revenir. Elle partit donc et voyagea longtemps autour du monde. Elle vit de nombreux animaux à qui elle donna des noms en langue de Néther, ces noms, aucun animal ne les oublia et le moment venu, ils les répétèrent aux premières races dominantes. Durant ses voyages, Evadné vit un printemps perpétuel, ou un Unisse perpétuel. Mais, quand elle restait longtemps dans un endroit, l'Unisse se changeait en Chidin, ou été. Cela dura des années.
Quand elle retrouva ses s½urs, Evadné leur annonça ce qu'elle avait compris : elle changeait les phases par sa présence en un lieu. Elle leur expliqua que chacune d'entre elle avait une phase et qu'elle l'imposait à la nature. Ainsi, là où elles n'étaient pas, l'Unisse régnait de lui-même.
Pendant trois ou quatre ans encore, Salva, Firdanws, Délopia et Evadné méditèrent sur ce fait. Elles parlèrent longtemps et discutèrent avec les animaux. Assez étrangement, elles en vinrent à la conclusion qu'elles ne pouvaient rester ensemble : elles devaient partir aux quatre coins du monde et créer les phases. Elles tourneraient sur leurs terres, faisant plusieurs cycles, alternaient leurs positions. Et finalement, partout sur le grand pays, les saisons se remplaceraient les unes les autres.
Les quatre s½urs ne devaient jamais vraiment se revoir mais leurs chers petits animaux voyageaient et apportaient des messages, et ainsi, elles parlaient toujours.